Eau et pesticides :
le duo infernal
Savez-vous que la France est régulièrement épinglée par Bruxelles pour la qualité de ses eaux, surchargées en nitrates ?
François Veillerette, de l'ONG Générations futures a découvert que grâce à une discrète directive du ministère de la Santé, en date du 9 décembre 2010, désormais l'eau du robinet peut contenir des doses de pesticides en quantité cinq fois supérieures ! C’est un peu , commente-t-il, «comme si on changeait les degrés sur un thermomètre pour faire croire qu’il fait moins chaud.»
Pour l’UFC Que choisir 2 000 000 de personnes reçoivent de l’eau trop polluée. En cause à 70 %, l’agriculture...
"Le cocktail des principaux polluants décelés (pesticides, nitrates, sélénium) met en évidence les graves menaces que la pression agricole fait peser sur la ressource", ajoute l'association. Ces constatations ont été faites en sur la base les résultats d’analyses du ministère de la Santé. Cette organisation demande notamment une protection efficace de tous les captages, ce qui n’est pas le cas d’évidence, nous en savons quelque chose en Gironde...
Ces résidus chimiques, relativement faibles, hélas se cumulent avec ceux, nettement plus importants car pas réellement pris en compte en terme d’accumulation de doses admissibles des fruits et légumes...
Un rapport du Conseil d'Etat de juin 2010 nous dit que "L'agriculture bénéficie d'une situation historiquement dérogatoire ; (...) pollutions très importantes, qui contrarient les efforts nationaux d'amélioration de la qualité de l'eau et valent à la France des poursuites et des condamnations répétées par les autorités communautaires". "Les agriculteurs ont en outre été dispensés, de fait, du paiement des redevances de dépollution normalement dues aux agences de l'eau, tout en bénéficiant de leurs aides". Pourtant, et c'est toujours le Conseil d'Etat qui parle, l'agriculture est à l'origine de de 60 % de la pollution par les phosphates, de 70 % de celle par les pesticides et de 75% de celle par les nitrates.
«Pollution du perchlorate d’ammonium,
Problèmes liés aux micro polluants»
C’était le thème d’une réunion citoyenne organisée le 22 à Saint-Médard, à l’iniative d’EELV. De nombreux citoyens, militants divers, on pu s’exprimer sur ce problème inquiétant. Le Trublion y était donc présent !
Le perchlorate d’ammonium (NH4 CL 03) découle des propergols, de la fabrication des boosters de fusées et missiles, charges des airbags, fabrications de l’ex SNPE devenue SME-Safran. D’autres sites pollués Toulouse, Bergerac, Sainte Hélène, Kourou (?) Des écologiste nordistes rencontrent le problème sur d’anciens champs de bataille de 14-18 = longévité de ce type de pollution...
300 ans de pollution sur les Jalles ! Impossible, à l’heure actuelle, de connaître l’impact au niveau de la santé et de l’environnement... Equivalent de 30 tonnes de perchlorate depuis 1960..., à titre d’info, le lanceur Ariane 5 contient avant son décollage dans l'étage d'accélération à poudre (EAP) : deux fois 238 tonnes de propergol solide (mélange de perchlorate d'ammonium, aluminium et polybutadiène).
Etudes sur les pathologies hyperthyroïdiennes, études sur les laits en poudre maternisés, en cours.... Il reste à déterminer si les pollutions sont occasionnelles ou perennes... Le rapport entre les pollutions «actuelles» et celles «historiques» les interférences entre les différentes nappes et les Jalles, les sols pollués...
A noter le silence de SME, son refus de communiquer, notamment depuis 2004 alors que le problème «perchlorate» était connu d’eux. Impossibilité pour l’instant pour tout organisme indépendant d’étudier l'impact sur les très grands terrains dans les enceintes de la poudrerie...
Problèmes de normes, problèmes du même ordre aux Etats Unis. Les normes actuelles ne vont-elles pas modifiées suivant le résultat des recherches...
Il faut savoir que l’eau du robinet est «conforme» actuellement vu l’arrêt des captages contaminés (15 %) de l’approvisionnement total de la CUB. Le problème est que l’approvisionnement de la CUB est en situation «tendue». En fait la perte en eau potable correspond aux «ressources de substitution», donc plus de réserves, la CUB est en flux tendu... Toute situation exceptionnelle, sécheresse, etc risque de générer une pénurie... Les solutions palliatives futures éventuelles impliqueront le paramètre : plus l’eau est éloignée du consommateur, plus elle est chère...
Une usine de retraitement aurait un coût variant en 15 000 000 et 25 000 000 d’euros... et ne pourrait être opérationnelle que d’ici trois ou quatre ans.
La recherche de ressources de substitution est à accélérer.
A noter également l’impact sur les cultures maraîchères...
D’autres substances posent problème, trichloréthylène, cadmium, métaux lourds, aluminium... sans parler des incidences des tirs fréquents dans l'atmosphère...
Un participant à la réunion déclare que sa pathologie cancéreuse actuelle serait en lien avec ces pollutions et qu’il connaît au autre cas comme lui sur Saint-Médard.
L’industrie d’armement semble avoir une sorte d’autonomie de décision relativement à l’Etat sur ces questions. Il serait peut-être judicieux que ce dernier joue son rôle de contrôle que semble-t-il il n’a jamais vraiment tenu.
Une plainte «contre X» a été déposée, qui va payer ? Il nous paraît logique que cela soit SAFRAN...
Avant 2011, qu’avons-nous bu ? N’y a-t-il pas un «effet cocktail» entre perchlo., trichlo. etc ?
Une augmentation des médications hyperthyroïdiennes aurait-été constatée dans cette zone.
Au niveau de Saint-Médard on constate une sorte d’union sacrée de certaines composantes citoyennes syndicales, patronales, autour de la «défense de l’emploi» qui donc légitimerait en quelque sorte ces rejets... Les «privatisations» de certaines fabrications sensibles ne peuvent qu’inquiéter vu le peu d’intérêt habituel manifesté par les investisseurs privés sur les questions environnementales.
Donc beaucoup de questions encore en suspens, l’action citoyenne ne doit pas faiblir !
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